Dans cette série, je photographie des feuilles d'aluminium en gros plan, en lumière naturelle, en explorant le double sens du mot anglais "light" qui signifie à la fois "léger" et "lumière". Epaisses de quelques microns seulement, ces feuilles ultra-légères ont la capacité à garder en mémoire le moindre accident, le moindre évenement intervenu sur leur surface. En même temps, leur matière semi-réfléchissante est un étonnant piège à lumière, qui propose au capteur photographique numérique une sorte de reflet de sa propre nature. Aluminium contre capteur. Toutefois, au-delà de l'observation attentive des ridules qui parcourent ces feuillures métalliques comme des ondes à la surface de l'eau, je pense que je scrute la tessiture de l'espace temps : chez moi, la physique n'est jamais loin.
Est-on dans un studio photo ou dans les tout débuts de l'univers ? Ces feuilles appartiennent-elles à l'univers domestique ou sont-elles les branes de la théorie des cordes ? Est-ce que je photographie des feuilles d'aluminium ou la structure de l'espace-temps ? C'est bien sûr à chacun de répondre. Je trouve qu'une citation pré-socratique que le philosophe Henri Van Lier avait retrouvée en écrivant sur ma série sur la matière noire s'applique également très bien à cette série : "Une nuit aux ailes noires où se meut un souffle d'avant le souffle".
Denis Baudier
Est-on dans un studio photo ou dans les tout débuts de l'univers ? Ces feuilles appartiennent-elles à l'univers domestique ou sont-elles les branes de la théorie des cordes ? Est-ce que je photographie des feuilles d'aluminium ou la structure de l'espace-temps ? C'est bien sûr à chacun de répondre. Je trouve qu'une citation pré-socratique que le philosophe Henri Van Lier avait retrouvée en écrivant sur ma série sur la matière noire s'applique également très bien à cette série : "Une nuit aux ailes noires où se meut un souffle d'avant le souffle".
Denis Baudier